Comme dit dans un premier post, je me suis découvert des intolérances alimentaires au lactose (adieu fromages), au blés (adieu pain) et au blanc d’œuf (adieu pâtes, gâteaux et vilains plats préparés du midi quand j’ai pas le temps). J’ai aussi découvert avec grand étonnement que les intolérances alimentaire sont plus que courantes et pourtant si mal connues du monde médical.
Vaste question que de savoir “mais d’où que ça vient les intolérances alimentaires, m’dame?”
J’ai pas la réponse à tout, mais de ma maigre expérience, il ressort que:
1) je suis née prématurée donc suspicion de système digestif fragile
2) à l’époque, on commençait à varier les aliments très tôt, histoire que bébé puisse manger à table avec tout le monde le plus rapidement possible. Or le système digestif n’est pas forcément prêt (voir point précédent).
Très tôt j’ai développé un terrain allergique: on commence avec de l’eczéma atopique =le corps sécrète du poison contre lui-même: on a des démangeaisons. Allez-dire à une gamine de 3 ans de ne pas se gratter. Encore que, de jour, c’est jouable. Mais la nuit, on ne peut pas se contrôler. RDV chez des dermatos, prise de sang à 5 ans. Résultat: ‘désolé madame, on sait pas d’où ça vient’. Bref, à défaut de comprendre d’où ça peut bien provenir, on me prescrit des crèmes et préparations diverses à base, le plus souvent, de corticoïdes. ça marche un temps, mais ensuite ça revient.
Avec le temps je développe des allergies aux pollens (je ne détaille pas, la liste est interminable), acariens, poils de chat. Et on me dit que c’est pas étonnant, “puisque j’ai un terrain allergique” (cf: l’eczéma). OK, on s’y fait, c’est comme ça. Dès le début du printemps, les antihistaminiques sont mon quotidien.
Un jour, je discute avec une amie qui a pas mal de soucis avec son bébé. La petite (8 mois) ne va pas bien et accumule les bronchiolites depuis qu’elle est passé au lait maternisé. C’est parti pour les séances de kiné. Puis elle commence à perdre du poids. Sa pédiatre, avouant être à court d’arguments, l’envoie vers une nutritionniste. Cette dernière prend l’affaire au sérieux et lui fait faire des tests d’intolérance: bingo! La petite est intolérante au lait de vache…or, dans le lait maternisé, y a quoi? du lait de vache! Donc elle met au point un programme alimentaire spécifique. La petite est suivie de près, mais elle reprends du poids et n’a plus de bronchiolite.
Peu de temps après, je me décide à faire un régime. Si ce que l’on met dans son assiette est le reflet de ce que l’on est, moi j’ai envie d’apprendre à manger mieux. Je prends donc rendez-vous chez cette nutritionniste. Elle me fixe un programme adapté avec une liste précise d’aliments autorisés ou non. On retire tout ce qui est lait de vache, entre autres. Je m’y mets, et je trouve que ce n’est pas du tout restrictif. Je peux manger autant que je veux et un resto par semaine, c’est autorisé. Au bout de 5 semaines, premier rendez-vous de bilan. J’ai pas perdu grand chose (900g), mais j’ai dégonflé: -5cm (!!!); Et puis, plus du tout d’aigreurs, de ballonnements, d’impression de lourdeur après les repas…bref, mon objectif de poids n’est pas atteint, mais je me sens déjà mieux. Ceci dit, puisque niveau poids ça ne bouge pas trop, on décide de faire une recherche d’intolérance (car antécédents familiaux divers…).
Et là, paf: j’ai des taux qui crèvent le plafond. Ma nutritionniste n’est pas du tout étonnée. Elle m’explique qu’étant née prématurée et vu les habitudes de l’époque, l’intestin n’étant pas mature, ses parois peuvent devenir par endroit perméables. Ce qui passe ici peut venir agresser le corps. Comme il ne s’agit pas d’allergie, mais bien d’intolérance, le corps réagit, montre des signes, donne des alertes. Or, d’un point de vue extérieur, celles-ci ne sont pas toujours bien interprétées. Et surtout, les médecins généralistes ne vont pas dans cette direction tout simplement parce qu’ils n’en sont pas informés!
Pour la petite histoire, la pédiatre a envoyé mon amie chez une nutritionniste uniquement parce que son propre fils a développé des allergies alimentaire. Elle a également avoué que les médecins ne sont pas formés à la nutrition.
En résumé, si ma nutritionniste a raison, ça expliquerait pourquoi je me gratte depuis bientôt 30 ans sans que personne n’en ai réellement trouvé la cause! Sans compter que tout ceci n’est pas anodin, car après tout, mon corps est agressé depuis toujours, puisque l’aliment non ou mal toléré représente en quelque sort du poison. Il ne réagit pas hyper fort, en comparaison aux chocs anaphylactiques qui surviennent lors d’allergies. Mais il réagit tout de même.
Ce qui me scandalise ici, c’est l’ignorance plus que flagrante inhérente au sujet. Après tout, mes intolérances ont été révélées un peu par hasard. Je veux bien imaginer que lorsque j’étais enfant, on ne faisait pas attention à ça autant que c’est le cas actuellement. Peut-être que les questions de nutrition n’étaient pas aussi importantes (on était dans les années fric) ou que la recherche pas autant avancée (quoique?). Mais de savoir que les généralistes, et surtout les pédiatres (!!!!!) sont si mal informés de nos jours, c’est une aberration.
Pour l’heure, indépendamment de mon coup de gueule, je suis tout de même optimiste: je sais maintenant quels sont mes aliments ennemis. Alors, c’est parti!